Mines: Tragédie de Courrières

La région Nord Pas-de-Calais est historiquement connue pour ses mines.

La radio Europe 1 à consacré 1h d'émission au drame de Courrières (62) qui s'est déroulé le 10 mars 1906.

L'émission "Connaissance", animée par Jacques Pradel, décrit en détail la vie des mineurs de l'époque et l'enfer qu'ils ont vécu.

Titre de l'émission: "Dans l'enfer des mines de Courrières"

Invité: Jean-Daniel Baltassat Romancier. Auteur du livre: "Les roses noires", XO sous le pseudonyme de A.B. Daniel

Institutions : "Centre historique minier de Lewarde (Nord)",
http://www.chm-lewarde.com


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Format: MP3 - 64kbps
Taille: 35Mb
Durée: 74 minutes

L'encyclopédie gratuite en ligne, Wikipedia, relate l'affaire de la manière suivante:

"La catastrophe

Les fosses de la compagnie des mines de Courrières, ouvertes sous le Second Empire, présentent d'importantes veines de charbon gras, et l'essentiel du travail d'abattage s'effectue à un niveau compris entre 326 et 340 mètres.

A 6 h 34, le samedi 10 mars 1906, un « coup de poussière » d'une rare violence ravage en quelques secondes 110 kilomètres de galeries communes aux trois fosses et situées sur les territoires de Billy-Montigny (fosse 2 dite Auguste Lavaurs), Méricourt (fosse 3 dite Lavaleresse), Noyelles-sous-Lens et Sallaumines (fosse 4 dite Sainte-Barbe). Il a probablement été déclenché par un coup de grisou dû à l'utilisation de lampes à feu nu.

Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, l'incendie qui s'était déclenché les jours précédents n'en serait pas directement la cause bien qu'il ait largement contribué à dégrader les conditions de travail au fond (gaz toxiques) et donc à augmenter la mortalité. en effet, le 7 mars, un feu avait été découvert dans l’une des veines de la fosse de Méricourt. Les ingénieurs et les chefs porions décident d’édifier des barrages pour l’étouffer. Pierre Simon, un délégué-mineur, demande à ce que personne ne descende tant que le feu ne sera pas éteint, mais son avis n'a pas été suivi.

Bilan humain et polémique sur les secours

L'accident fit officiellement 1 099 morts sur près de 1 800 mineurs descendus ce jour là, mais le bilan réel est probablement supérieur en raison de la présence de travailleur s irréguliers dont le décès n'a pas été imputé à cet accident. Pris au piège, la plupart des ouvriers sont morts asphyxiés ou brûlés par les nuées ardentes de gaz toxique. En fin de journée, seulement 576 mineurs arrivent à s'échapper de la catastrophe. A ce bilan humain doit encore être ajouté le décès d'au moins 16 sauveteurs qui interviennent dans des conditions de sécurités et d'hygiènes précaires[1].

La polémique veut que le grand nombre de victimes soit dû en grande partie à l'obstination de la compagnie minière à poursuivre l'exploitation alors qu'au fond un incendie n'avait pas encore été complètement maîtrisé et que des fumées et gaz toxiques remplissaient encore les galeries. Mais il y aurait aussi eu probablement moins de morts si les recherches n'avaient pas été arrêtées dès le troisième jour et si une partie de la mine n'avait pas été murée, sur ordre de l'ingénieur général Delafond, pour étouffer l'incendie et préserver le gisement.

La gestion de la crise par la compagnie minière fut particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. La compagnie fut accusée d'avoir fait passer la sécurité des mineurs après la protection des infrastructures en particulier en prenant la décision de murer les galeries et d'inverser l'aérage pour extraire la fumée et étouffer l'incendie au lieu de faciliter le travail des sauveteurs en leur envoyant de l'air frais.

Le 30 mars soit vingt jours après l'explosion, treize rescapés réussir ent à retrouver le jour par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres, mangeant le peu qu'ils trouvaient, y compris de l'avoine et un cheval mort. Un quatorzième survivant fut retrouvé le 4 avril, grâce à l'aide d'une équipe de secouristes alle mands qui avaient offert spontanément leur aide et apporté les appareils respiratoires qui faisaient défaut aux compagnies minières locales.

Il est à souligner que lorsque les sauveteurs allemands arrivèrent les recherches étaient déjà abandonnées, de plus ils furent accueillis avec hostilité alors que se déroule la crise franco-allemande au Maroc.

Répercussion politique et sociale

L'émotion qui s'ensuivit et la polémique sur la gestion des secours est à l'origine d'un vaste mouvement de grève. Le 13 mars, lors des obsèques des premières victimes, à la fosse commune de Billy-Montigny, sous une tempête de neige, en présence de 15 000 personnes, le directeur de la compagnie est accueilli par des huées et des « assassins ! » et doit rapidement partir; la foule scande « Vive la révolution ! Vive la grève ! ». Le lendemain, les mineurs refusent de redescendre au fond. Les syndicats appellent à une grève qui s'étend aux puits environnants. Le mouvement s'étend à tous les bassins miniers français et se développe jusque dans le Borinage, en Belgique. Le 16 mars, 25 000 ouvriers sont en grève, chiffre qui montera même à 60 000. Les incidents se multiplient entre grévistes non-grévistes, mais aussi entre les partisants du "Vieux Syndicat" mené par Émile Basly et le "Jeune Syndicat", affilié à la CGT et mené par Benoît Broutchoux. Face aux mineurs en colère, Georges Clemenceau, alors ministre de l'intérieur, mobilise 30 000 gendarmes et soldats et envoi de treize trains de renforts militaires [2]. De nombreuses arrestations ont lieu.

La colère des mineurs est renforcée par la découverte tardive de rescapés. Le 30 mars, soit 20 jours après l'explosion, 13 mineurs ressortent de la fosse numéro 2. Le 4 avril, un quatorzième mineur remonte encore de la fosse numéro 4 de Sallaumines. Les secours ont manifestement été abandonnés trop tôt et la Compagnie de Courrières est accusée de vouloir enterrer vivantes les victimes. La grève se durcit et un officier de l'armée est tué le 23 avril. À la fin du mois, malgré la répression et le manque d'argent des familles des mineurs, le patronat concède des augmentations de salaires. Le travail reprend début mai.

Cette catastrophe a suscité un élan de générosité sans précédent en France et en Europe et 6,5 millions de francs-or sont récoltés. La compagnie minière, elle-même donnera 2,2 millions de francs aux ayants-droits et versera des rentes annuelles de l'ordre de 500 000 aux familles.

Le mouvement social issu de la catastrophe déboucha sur l'instauration du repos hebdomadaire. À partir de cette époque, les lampes à feu nu seront bannies au profit des lampes dites de sûreté (lampes Davy). En 1907, le premier poste central de secours du bassin Nord-Pas-de-Calais est créé à Liévin (il sera transféré à Éleu-dit-Leauwette après sa destruction pendant la Première Guerre mondiale). On y forme des équipes spécialisées de sauveteurs et on y étudie les risques dus au grisou et au poussier. Mais en 1910, apparaît le marteau-piqueur qui augmente le rendement mais aussi la quantité de poussières avec les risques d'explosion et de maladie (silicose) qui en découlent..."


Pour plus d'information sur les mines dans la région, voir aussi l'article: http://nord-pasdecalais.blogspot.com/2007/01/lagriculture-dans-le-nord-pas-de-calais.html

Commentaires

Florence911 a dit…
2000 ans d'histoire sur France Inter a aussi consacré une émission cette semaine-là à la catastrophe.

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