La forêt de Mormal

Avec ses 9 163 ha, la Forêt de Mormal est le plus grand massif forestier du département du Nord et de la région Nord-Pas-de-Calais. C'est le seul abritant une population de cerfs (ayant pour origine, comme les sangliers et chevreuils une réintroduction, car les grands mammifères y avaient totalement disparu, à la suite d'une chasse intensive après la Révolution française).
C'est une forêt publique et « domaniale » et donc gérée par l’ONF sous le contrôle du ministère de l'agriculture. Elle est principalement constituée de futaies de chênes pédonculés (80-90 ans), hêtres, charmes, frênes.

Les arbres y sont tous relativement jeunes, car la forêt a été presque entièrement coupée lors de la Première Guerre mondiale et à nouveau surexploitée lors de la seconde guerre.
Ce massif est pour le Nord de la France un élément essentiel du Réseau Natura 2000, du réseau écologique paneuropéen et de la Trame verte régionale.

Localisation

Situé à 10 km au sud-Ouest de Maubeuge, et au nord et à l’ouest de la vallée de la Sambre, ce massif est inclus dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe, dans le canton du Quesnoy-Ouest, sur la commune de Locquignol, faisant de ce village la commune ayant la plus grande superficie du département du Nord.

Caractéristiques biogéographiques

Les cartes anciennes, dont la carte de Cassini montrent que cette forêt qui était encore presque d'un seul tenant à l'époque de la révolution française. Elle est aujourd'hui « divisée » en 101 morceaux et parcelles par des routes et infrastructures de débardage, offrant un bon exemple de fragmentation éco-paysagère.
A cause du recul du bocage et de l'intensification de l'agriculture, plus que de l'urbanisation, elle connaît aussi un phénomène d'insularisation écologique.
Son flanc ouest (lisière) parfaitement rectiligne correspond à une ancienne voie romaine (aussi dite chaussée Brunehaut).
Sa situation biogéographique et la qualité de son sol en fait une zone potentiellement écologiquement particulièrement riche et très productive, mais elle a été victime de séquelles de guerre et surexploitée à plusieurs reprises (notamment lors des deux guerres mondiales).

Hydrologie

L'Ecaillon, la Rhônelle et l'Aunelle coulent dans le massif forestier de Mormal.Suite au constat de la raréfaction de la Truite Fario, dés 2007 grâce à des opérations de décolmatages par enlévement des sédiments dans les frayéres et de la gestion des embâcles (accumulation de débris de branchage) le nombre de fraie est passé de 40 à 70 de 2005 à 2008 dans L'Ecaillon.

Écologie

Ce massif boisé est considéré comme un élément important du réseau écologique régional et paneuropéen, car élément relictuel de la vaste forêt charbonnière décrite par les chroniqueurs du Haut Moyen Âge, elle-même relique de la forêt préhistorique qui s'est reconstituée après la fin de la dernière glaciation il y a environ 10 000 ans.
La biodiversité est cependant anormalement basse dans ce massif. Ceci s'explique par les séquelles des guerres, et notamment par le fait que le gros bois-mort y est quasi-absent. Les bois morts de taille moyenne y sont aussi très rares, au détriment des insectes saproxylophages et de leurs prédateurs (reptiles, amphibiens, chauve-souris et autres mammifères insectivores).
Selon le réseau d’étude national RENECOFOR, c’est la forêt qui en France reçoit le plus de retombées atmosphérique de fer (on peut penser que ce fer est un bon traceur pour d’autres polluants venus de la proche vallée de la Sambre ou du Valenciennois industriel).
La forêt abrite un arboretum et un point de mesure et suivi du réseau national RENECOFOR.

Source : wikipedia

Commentaires

Delaporte Jacquy a dit…
Passionné par la forêt de Mormal et la Nature en général, je viens d'écrire l'histoire de ce massif forestier de la Gaule à nos jours
(732 pages) "La forêt de Mormal...des arbres...des hommes...des légendes" delaporte.jacquy@neuf.fr

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