Le Tunnel sous la Manche

Le tunnel sous la Manche (en anglais: The Channel Tunnel) est un tunnel ferroviaire reliant le Royaume-Uni et la France. Il est long de 49,7 km, dont 37 km sous la Manche entre Calais et Folkestone. Il fut inauguré le 6 mai 1994. TML est le nom du groupe qui l'a construit. Eurotunnel est le nom de la société franco-britannique qui l'exploite.

Les Britanniques le nomment parfois Chunnel (par contraction de Channel Tunnel).

L'ouvrage est construit par Transmanche Link (TML) créé en 1986, ce consortium de 10 entreprises de BTP, cinq françaises et cinq britanniques.

La traversée (voitures, autocars, motos, camions) assurée par des navettes ferroviaires dure environ 35 minutes de quai à quai. Les navettes s'appellent officiellement « Le Shuttle ». Le transport ferroviaire des voyageurs sans véhicule est assuré par la ligne Eurostar qui utilise des rames de type TGV modifiées pour s'adapter aux contraintes du tunnel (rames sécables) et du réseau britannique (gabarit, captage du courant par troisième rail).

Caractéristiques techniques

Tracé dans la couche dite de la craie bleue (Turonien), à une profondeur de 40 m sous le lit de la mer (profondeur maximale de 107,3 m sous le niveau moyen de la mer), le tunnel sous la Manche comprend en fait trois galeries :

* deux tunnels ferroviaires, un pour chaque sens de circulation, de 7,6 m (utile) de diamètre ;

* une galerie de service située entre les deux galeries ferroviaires, de 4,8 m (utile) de diamètre, dans laquelle circulent des véhicules spéciaux.

Ces trois galeries, revêtues de voussoirs en béton armé, sont reliées entre elles tous les 375 m par des rameaux de communication qui permettent de relier les tunnels ferroviaires au tunnel destiné à l'entretien et aux secours (cela a servi notamment lors de l'incendie d'une navette pour poids lourds le 18 novembre 1996). Ces rameaux permettent aussi la ventilation du tunnel en fonctionnement normal. De l'air frais est soufflé dans la galerie de service à ces extrémités, et cet air est ensuite distribué dans les tunnel ferroviaire, via des clapets anti-retours, ce qui permet d'éviter toute contamination de la galerie de service par des fumées lors d'un incendie. D'autres rameaux relient les deux tunnels ferroviaires et permettent aussi à l'air de circuler et de diminuer ainsi la pression et la résistance aérodynamique au passage de trains (circulant à 160 km/h maximum). Deux communications (traversées-jonctions ou cross-over), situées aux tiers du parcours, permettent de faire passer les trains d'une galerie à l'autre et d'isoler ainsi des tronçons de galeries en cas de nécessité (entretien, incident). En ces points, la galerie de service passe sous l'un des tunnels ferroviaires et se retrouve à côté et non plus entre les deux.

Pour des raisons de sécurité, les galeries ferroviaires sont éclairées par 20 000 luminaires et bordées par un trottoir continu, du côté de la galerie de service, pour assurer l'évacuation éventuelle des voyageurs en tout point. Des antennes assurent la continuité des communications radio sol-trains.

La construction du tunnel sous la Manche a coûté environ 105 milliards de francs, soit 16 milliards d'euros qui ont été financés en majorité par des actionnaires privés, qui ont perdu 90% de leur mise au cours actuel de l'action.

Le terminal français du tunnel sous le Manche a été conçu par l'architecte Paul Andreu.

Lutte contre l'incendie

Le tunnel sous la Manche est défendu par des sapeurs-pompiers français et britanniques, équipés de véhicules spéciaux circulant dans la galerie technique. L'alimentation en eau (hydrant) se fait par un tuyau qui parcourt la galerie, et est muni de raccords aux normes françaises et de raccords aux normes britanniques. La galerie technique est en surpression par rapport aux galeries ferroviaires, pour éviter d'être envahie par la fumée. Lors du signalement d'un sinistre, un plan binational, appelé binat, est déclenché par l'officier de surveillance avec l'ordre « Binat go! ».

Histoire

En 1802, Albert Mathieu propose à Bonaparte de creuser un tunnel sous la Manche, les deux pays étant en paix à ce moment-là. Un an plus tard c'était la guerre qui mettait fin à ce projet grandiose. Napoléon prévoyait après la conquête de l'Europe d'envahir l'Angleterre, ce tunnel aurait été un moyen pratique.
A
près plusieurs tentatives avortées, dont la dernière en 1972-1975, l'idée de creuser un tunnel sous la Manche fut relancée en 1984 avec une demande conjointe des gouvernements français et britannique pour des propositions de tunnels financés par le secteur privé. Des quatre propositions, la plus proche du projet de 1973 fut retenue, ce qui fut annoncé le 20 janvier 1986. Les deux gouvernements signèrent le 12 février 1986 et ratifièrent en 1987 un traité consacrant cette solution.

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