Un RER Lille - Hénin-Beaumont en 2020 ?

Échapper au cauchemar quotidien des bouchons de l'autoroute A1 entre l'agglomération lilloise et le bassin minier ? C'est l'objectif du projet de RER que le conseil régional adresse à l'État... avec l'espoir d'être subventionné.

La liaison rapide entre la métropole et le bassin minier n'est plus un serpent de mer, mais un projet dont l'esquisse se précise. Le dossier sera très bientôt sur le bureau du préfet et de Jean-Louis Borloo. Il faut faire vite pour espérer bénéficier d'une tranche de subventions liée au Grenelle de l'environnement. Daniel Percheron en a présenté les grandes lignes hier.


> Un RER comme en Île-de-France. Techniquement, c'est la formule du RER, comme entre Paris et sa banlieue, qui a été retenue, avec des rames à la fois tram, train et métro, capable d'emprunter le réseau SNCF et d'autres voies.

> Trente kilomètres et cinq stations. L'itinéraire de la future ligne, entièrement nouvelle, est connu. Le terminus se trouvera sous la gare Lille-Flandres, non loin de l'actuelle station du tram et des métros. Le premier arrêt se situera face à l'aéroport de Lesquin. Entre Lille et Lesquin, trois variantes de tracé existent, une partie importante du parcours s'effectuera sous terre. On passera ensuite à l'air libre pour gagner les deux stations implantées sur les territoires de Seclin et Carvin. Pour ces deux arrêts, on ne sera pas en ville, mais à proximité de l'autoroute A1 et de la ligne TGV, avec de vastes parkings pour inciter les automobilistes à garer la voiture pour prendre le RER. L'autre terminus se situera près du terril Sainte-Henriette à Hénin, une plaque tournante branchée sur les futurs trams du bassin minier et le TER (lire ci-contre) .

> Une rame toutes les cinq minutes. Les techniciens qui ont travaillé sur le dossier prévoient un temps de parcours de dix-sept minutes entre Lille et Hénin. Aux heures de pointe, un RER circulerait toutes les cinq minutes. Les rames, d'une capacité de 250 places assises, auraient une vitesse de pointe de 160 km/h. Les premières simulations prévoient une fréquentation de 25 000 à 30 000 voyageurs par jour sur ce nouvel axe.

> Un budget proche du milliard. Le coût global de la ligne est estimé actuellement à 720 millions d'euros hors taxes, dont 200 millions pour les ouvrages d'art, 230 millions pour la voie, l'électrification, la signalisation et les stations, et 65 millions pour le matériel roulant qui comporterait au départ une douzaine de rames. À ce coût, il faut ajouter les modifications de plusieurs échangeurs autoroutiers et la construction de grands parkings. Au final, en 2020, on ne devrait pas être loin du milliard d'euros. Dans le cadre du Grenelle, l'État pourrait apporter 100 à 200 millions. Il faudra également négocier des participations venant de l'Europe, des conseils généraux, des agglomérations... sans oublier le rôle clef de la Région porteuse du projet. Comme pour le Grand Stade lillois, le financement pourrait reposer sur un partenariat public privé.

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